Les chroniques des aventuriers

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Vil Brequin
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Re: Les chroniques des aventuriers

Message par Vil Brequin » sam. 19 janv. 2019 23:44

Au départ de l’hôtel de ville, nos aventuriers se rendent à l’adresse qui leur a été indiquée et où le reste des villageois de Mistholm ont élu domicile. Dire que leur nouvelle accommodation n’est pas un château relèverait de l’euphémisme : le bâtiment est à la limite de l’insalubrité, proche du quartier elfe où les vagabonds sont presque plus fortunés que les habitants, et il faudrait de grandes rénovations ne serait-ce pour combler les trous du toit. Guidés par la conseillère Eléa, la troupe a déjà commencé les installations et rassemblé les quelques économies qui lui reste. C’est avec soulagement que tous voient revenir notre groupe, puis avec émerveillement qu’ils voient la quantité d’or mise à contribution par Dorn, Cade, Urund et Yoridor. De quoi couvrir le plus gros des travaux et les vivres pour un moment. Urund verse le reste de sa part au temple de Pélor, en remerciement de l’accueil et afin que les acolytes continuent de surveiller l’état de santé de son frère. Elias, quant à lui, préfère subvenir à ses propres besoins et trouve le meilleur forgeron de la ville – ou le seul jusque récemment – pour commander une nouvelle arme. En échange d’une somme d’or conséquente et de la hache qu’il avait récupérée de sa première rencontre avec les orcs, le jeune scalde repart au bout d’une semaine avec une épée de belle facture, l’un des meilleurs ouvrages qu’il ait faits selon son créateur. Mais, pour ne pas être en reste, le garçon part faire quelques concerts sur les places et dans les tavernes, pour récupérer un peu d’or et glaner quelques informations. Il y croise parfois Cade qui s’improvise charmeur de serpent, ou Yoridor qui aide la garde à quelques patrouilles. Les nouvelles de leurs exploits sur les quais sont criées en place publique. Flatteur, mais il faut faire attention, le baron Narkesses n’en restera sûrement pas là.

Après une dizaine de jours d’adaptation à leur nouvel environnement, nos héros sont appelés par un messager les sommant de se rendre à l’hôtel de ville pour leur audience avec le bailli. Après les formalités d’entrée, ils sont accueillis par Sekandra qui les emmène à l’étage pour rencontrer le notable le plus important de la ville. Le bureau dans lequel le groupe entre est cependant loin de refléter ce prestige. Une puissante odeur de renfermé assaille quiconque passe la porte. Des papiers, livres, cartes et autres pamphlets sont répartis en tas ici et là dans la pièce. Au fond, un meuble ouvert laisse paraître quantité de bouteilles dont la plupart ont déjà été sérieusement entamées. Et au milieu, derrière le bureau, la bailli Cantrell, un homme d’une quarantaine d’années, les cheveux blonds et filasse clairement négligés, le visage marqué par la fatigue et l’air d’être resté entre ces murs plus longtemps qu’un condamné à la perpétuité dans son cachot. L’homme se révèle néanmoins courtois et reconnaissant devant les actes du groupe au sein de sa cité. Ce semblant d’attitude noble laisse bien vite place à la peur et au désespoir quand il apprend la situation aux abords de l’ancien village de Mistholm. Comme si entre les tensions au sein de la ville, les bandits à l’extérieur et la disparition d’une bonne partie de sa garde ne suffisaient pas. Nos héros apprennent alors qu’une escouade de la garde a disparu depuis bien deux semaines, alors qu’elle était sensée investiguer des problèmes survenus dans le village de Larsfell, dans la forêt au sud de la ville. Le bailli n’a donc pas les hommes nécessaires pour subvenir au besoin des aventuriers. La capitaine Sekandra propose alors un marché : elle dépêchera un éclaireur pour attester de la situation et évaluer les troupes nécessaires. En échange, les aventuriers – qui ont déjà fait leurs preuves – iront en renfort à Larsfell pour comprendre ce qu’il s’est passé. La garde sait déjà qu’un camp de bandits est établi quelque part dans la forêt, peut-être sont-ils liés à cette histoire. La sauvegarde des soldats manquant à l’appel est la priorité, mais l’éradication de ces bandits serait un bonus supplémentaire au maintien de la paix dans cette région.

L’offre de Sekandra, appuyée par les suppliques du bailli, est acceptée par le groupe qui prend seulement le temps d’une courte sieste et de rapatrier ses affaires avant de partir vers le sud. Le trajet se fait sans vraiment d’encombres. Le calme est cependant assez bien accueilli par nos aventuriers, qui ont eu peu de temps pour apprécier un tel moment au cours des dernières semaines. Il reste cependant bien des questions. Que va-t-il se passer maintenant pour les rescapés de leur petit village ? Le baron va-t-il réagir face à leurs actions nocturnes ? Et surtout, pour en venir au plus urgent, que peut-il y avoir dans ce village pour qu’une douzaine de gardes disparaisse d’un coup ? Toutes ces interrogations devront attendre cependant : alors qu’il médite sur ces points, Dorn entend au loin comme une échauffourée. Il fait signe au reste du groupe d’être discret et s’approche lentement. Plus loin sur la route, il aperçoit alors un groupe de bandits en train de malmener un voyageur. N’écoutant que leur courage, le groupe s’élance et prend à part chacun des bandits. Un tourbillon d’acier et de sang plus tard, trois des malfrats sont partis rejoindre leurs ancêtres tandis que le dernier est maîtrisé au sol. Yoridor et Urund s’empressent de vérifier que le voyageur assailli va bien et se retrouvent face à un visage familier : il s’agit d’Urhak, le demi-orc qu’ils avaient croisé aux abords du camp de gobelins quelques semaines plus tôt. Dans un commun toujours aussi approximatif, ce dernier fait part de sa joie de rencontrer de nouveau ses amis. Après avoir erré de droite à gauche, il a décidé de partir vers une ville et essayer de vendre ce qu’il a ramassé. Après avoir discuté, il propose de nouveau de faire un échange. Parmi les bibelots, Yoridor a le coup de foudre pour un casque légèrement bosselé mais encore tout à fait fonctionnel.

Pendant ce temps, Elias, Dorn et Cade interrogent le bandit restant. Quelques postures intimidantes suffisent à délier sa langue. Il fait partie d’un groupe de brigands installé plus loin dans la forêt. Ils font leur argent en attaquant les marchands et les voyageurs sans défense. En ce qui concerne le village de Larsfell, ils ne s’en approchent plus depuis que certains membres de leur bande y sont partis sans revenir. Quant aux gardes de Port-Emeraude, ils sont bien passés il y a plusieurs semaines, mais sa bande les a laissés passer pour éviter de se faire repérer. Les choses auraient pu en rester là : les aventuriers, plus intéressés par leur mission, lâchent le bandit et reprennent leur route. Mais alors qu’il allait partir, le gredin leur lâche que, comme l’a dit la fille qu’ils ont capturée, ils seraient perdus par la folie qui a pris le village. Changement immédiat de plan pour nos héros qui rattrapent le fuyard, le ligotent et reprennent leur interrogatoire. En plus de quelques bandits, il y a en plus une personne à sauver. Donc, le brigand va les conduire à son campement s’il tient à la vie. En entendant la perspective d’une bataille et de nouveaux trésors pour compléter son stock, Urhak remballe son matériel et décide d’accompagner le groupe.

Prêt à reprendre la route, le groupe bifurque alors dans la forêt, guidé par leur prisonnier bandit. Après plusieurs heures, ils se retrouvent aux alentours d’un groupe de tentes au milieu des arbres. Des éclats de voix se font entendre, manifestement la bande est à la maison. Comme à son habitude, Dorn part en éclaireur et commence à faire le tour du camp. Mais à peine a-t-il fait trois pas qu’il entend un hurlement derrière lui. Elias, brandissant son épée, vient de charger en direction du camp. L’idée d’un plan de bataille tombe à l’eau. Maintenant que l’alerte est donnée, il va falloir se battre…

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Re: Les chroniques des aventuriers

Message par Vil Brequin » sam. 16 mars 2019 13:32

Dorn tente bien de rattraper Elias avant qu’il ne soit trop tard, mais en un battement de cil le garçon est déjà au contact des trois brigands les plus proches. Si sa tactique manque de finesse, elle n’en est pas moins redoutablement efficace car quelques secondes plus tard deux des malfrats gisent au sol sans vie. Suivant l’idée de foncer maintenant qu’ils sont repérés, Yoridor entame la remontée du camp à l’opposé d’Elias et prend d’assaut un autre groupe. Ils sont nombreux, mais le guerrier les tient en respect pour le moment. Cade profite de l’assaut coordonné pour entrer dans le camp et relâcher ses arcanes : une gerbe de flammes jaillit de ses mains et frappe un autre brigand qui avait commencé à sortir son arbalète. Dorn essaie de s’en tenir à sa première ébauche de plan et fait le tour du camp depuis l’abri des fourrés, dans le but de prendre le groupe assailli par Yoridor à revers. Et tandis qu’Urund assomme leur guide pour éviter tout mauvais tour, une charge d‘Urhak en plein cœur du camp termine de semer la confusion au sein du campement.

Le chaos du premier assaut retombe cependant rapidement lorsque, une fois l’alerte donnée, la tente du fond du camp s’ouvre pour laisser sortir un homme à la carrure imposante beuglant des ordres aux autres bandits. A la vue de nos héros, le nouvel arrivant dégaine son marteau et en frappe la tête qui aussitôt s’embrase avant de se lancer dans la mêlée. La charge couplée aux volées de flèches des brigands les plus éloignés fait rapidement reculer Cade qui préfère continuer de gérer la foule de plus loin. Malheureusement, cela laisse le champ complètement libre au leader bandit qui fonce sur Yoridor. Il faut rapidement faire quelque chose, car le jeune homme ne pourra pas lutter longtemps face au nombre grandissant d’ennemis face à lui. Dorn passe à l’action en prenant à revers une partie de la mêlée et frappe de toutes ses forces le premier malfrat venu. Malheureusement, son poing s’écrase sur la lourde protection de son adversaire, dont la réplique ne se fait pas attendre. Un coup puissant atteint le moine à l’abdomen et le projette en arrière. Il essaie de se relever, mais perd beaucoup trop de sang et finit par sombrer dans l’inconscience. Coup de chance, Urund avait décidé de faire lui aussi le tour du camp. Le nain tire parti de la cohue pour tirer son ami hors de la zone de combat et lui administrer les premiers soins. Le jeune homme revient à lui, mais ne pourra pas supporter un coup de plus sans une attention médicale approfondie…

De l’autre côté, Elias finit par se défaire de ses assaillants et s’attèle au contrôle des tireurs opposés. Dans son esprit, il visualise un groupe de mots dans une langue dont il ignorait l’existence il y a quelques mois de cela. En les prononçant, il réussit à plonger une partie des brigands dans un profond sommeil. Mais c’est loin d’être suffisant. Le salut vient d’une voix derrière le scalde : « Libère-moi, sem, et je vous aiderai à abattre ces chiens jusqu’au dernier ». Se retournant, le garçon voit ce que gardaient les trois brigands : plusieurs cages dans lesquelles se trouvent un homme bâillonné, une femme terrifiée, et un elfe. C’est celui-ci qui appelle notre aventurier à l’action. Un coup d’épée pour forcer la cage plus tard, et l’elfe bondit vers un des cadavres, récupère un arc et commence à envoyer salve après salve. Les archers ennemis sont alors obligés de stopper leurs tirs de barrage. L’aide apportée est pile ce qu’il faut à Elias pour foncer vers le chef bandit et plonger son épée droit entre les omoplates. La chute de leur leader est un coup indiscutable au moral des autres, qui commencent à se disperser et fuir les uns après les autres. Quelques-uns réussissent dans leur état de panique à atteindre les fourrés, mais beaucoup n’ont pas cette chance en se retrouvant face aux lames d’Elias et de Yoridor. Un Yoridor un peu trop zélé qui dans la cohue plante par erreur l’une de ses épées dans le dos de leur ami demi-orc qui finit par tomber inconscient à cause de la perte de sang. Nos amis s’empressent de le réanimer en passant sous silence ce détail malencontreux, avant de faire le tour du camp en quête de trophées.

Cade en profite pour libérer le reste des otages et observer leur allié d’un instant. L’elfe se contente de récupérer un arc d’excellente facture dans la tente du leader bandit avant de retourner vers le groupe. Il dit s’appeler Erathell et venir de la forêt. Il était à la recherche d’un éclaireur de son clan porté disparu après s’être approché des territoires humains. Il progressait dans la forêt quand les brigands lui sont tombés dessus. Il est très reconnaissant de l’aide qu’ont fourni les aventuriers à sa libération, et en paiement de cette faveur il leur propose de les guider à travers la forêt jusqu’au village de Larsfell. Il connaît quelques raccourcis et peut-être qu’il trouvera là-bas une piste pour retrouver celui qu’il cherche. La femme se nomme Kashya et vient quant à elle du village. Elle est partie en direction de Port-Emeraude il y a plusieurs semaines après avoir signalé la disparition de son mari. Elle en avait déjà fait part aux autres membres de son village mais personne ne bougeait ne serait-ce que le petit doigt pour l’aider. Elle n’est pas au courant que des soldats de Port-Emeraude sont partis en direction du village, bien qu’elle ait entendu les bandits parler de patrouilles. Jensen, le dernier prisonnier, dit être marchand, venir de Méridiana et voyager vers Bastion. Cependant, ceux qui écoutent son récit trouvent assez rapidement que certains détails ne collent pas. Où est sa marchandise, pourquoi voyager seul, pourquoi être ligoté dans la cage… Bientôt les réponses aux questions se font de plus en plus hésitantes. Au final, l’homme abandonne : c’est un membre du gang que nos héros viennent de décimer. Il a voulu s’échapper en « empruntant » une partie du butin de ses collègues car pour lui la roue a tourné. Il indique aussi que plusieurs de ses anciens camarades ont disparu en s’approchant du village de Larsfel, ce qui pour lui est un mauvais présage pour son corps de métier. Aussi il implore les aventuriers de l’épargner et le laisser partir en échange d’une promesse de repentir. Les âmes clémentes de ces derniers acceptent et le brigand disparaît dans les broussailles.

Après avoir rassemblé quelques affaires d’intérêt – des feux grégeois, munitions, plus l’équipement du leader – le groupe rassemble ses affaires et reprend la route. Urhak, cependant, décide de rester au camp et commence méthodiquement à dépouiller les cadavres, vider les tentes et rassembler tout ce qui n’est pas cloué au sol. Erathell guide les aventuriers à travers les bois, mais le combat a pris du temps. L’elfe leur dit qu’en pressant le pas ils pourraient arriver au village à la tombée de la nuit, mais au son des différents témoignages tous préfèrent passer la nuit en forêt et arriver frais, dispos, et soignés. Un campement de fortune est organisé et nos héros en profitent pour interroger Kashya sur les circonstances de son départ du village. Son mari, Thorpe, a disparu alors qu’il partait chasser dans la forêt, il y a bien un mois de cela. Lorsqu’il n’est pas rentré de la chasse, elle a tout de suite fait part de son inquiétude au reste du village mais personne n’a réagi, au mieux un haussement d’épaule. Aussi a-t-elle décidé de prendre ses affaires et se rendre vers Port-Emeraude pour demander directement l’aide du bailli. Malheureusement elle a été capturée par les bandits au cours de son voyage. Elle a passé plusieurs semaines dans une cage et a été libérée par Cade. Hormis l’apathie des autres villageois en regard de sa complainte, elle n’a rien constaté de particulier. Les réponses seront certainement au village, mais pour l’instant il est l’heure de se reposer un peu. Chacun prend son tour de garde, Dorn le premier. Pendant sa garde, le jeune homme note qu’un loup les observe depuis un buisson à quelques pas. La bête est assise et reste à les observer sans bouger toute la nuit. Elle ne semble pas hostile mais laisse chacune des sentinelles du soir perplexe. Mais seul Urund tente de l’approcher, après avoir essayé de comprendre pourquoi le marteau qu’il a récupéré – enflammé entre les mains du chef bandit – reste inerte. Mais l’animal montre les crocs et ne se laisse pas approcher, finissant par partir au lever du soleil. Le groupe se pose quelques questions sur l’évènement du soir, mais tout le monde va bien donc autant reprendre la route.

Enfin, les aventuriers arrivent au village de Larsfell. L’ambiance semble plutôt normale pour un petit village de forêt, chacun vaque à ses occupations. Mais à peine arrivée, Kashya se met à courir et se jette dans les bras d’un des villageois en criant de joie. Apparemment, son mari est rentré au village. Mais pourquoi personne ne réagit donc à son retour ?

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Re: Les chroniques des aventuriers

Message par Vil Brequin » dim. 2 juin 2019 15:23

En effet, à l’arrivée du groupe, qui admettons-le n’était pas la plus discrète qui soit, personne n’a levé les yeux de ses activités pour saluer les nouveaux arrivants ou se réjouir du retour d’une des leurs alors qu’elle était portée disparue depuis près d’un mois. Même le mari de Kashya, en voyant sa femme, n’avait pas l’air particulièrement touché. Un premier signe pour nos aventuriers que quelque chose dans ce village sort de l’ordinaire. Interrogé sur ce qui lui est arrivé, Thorpe, le mari « disparu », se contente de hausser les épaules et dire qu’il était parti chasser quelques jours et que rien de spectaculaire ne s’était passé. Il n’est pas au courant de la venue de soldats ou de la disparition d’autres personnes : son village est une petite communauté qui vit tranquillement au jour le jour, sans se soucier des problèmes de l’extérieur. Cependant, s’ils veulent plus d’informations sur ce qu’il a pu se passer pendant son absence, ils peuvent s’adresser à Cerena, la matriarche du village. Il ne se passe rien ici sans qu’elle soit au courant. Et à la seconde où il finit sa phrase, il retourne dans sa maison sans se soucier de la présence de sa femme ou des aventuriers. Kashya, quant à elle, est trop heureuse d’avoir retrouvé son mari pour se rendre compte du comportement insolite de son époux. Elle promet cependant au groupe de rester vigilante et de les prévenir si quelque chose d’inhabituel se produit. En attendant, mieux vaut se rendre auprès de l’ancienne du village pour se renseigner.

La hutte de la matriarche n’est pas difficile à trouver, c’est la plus grande du village. A l’intérieur le groupe est accueilli par quantité d’odeurs différentes venant des étagères remplies de plantes et d’herbes médicinales. Dans un coin de la pièce principale, une femme leur souhaite la bienvenue. Ses traits tirés et ses cheveux blancs sont la marque d’une personne qui a vu passer bon nombre d’hivers. Depuis son fauteuil, elle invite nos aventuriers à prendre place et lui expliquer la raison de leur venue. Elle n’a pas vu la patrouille de Port-Emeraude, ni constaté de disparition significative au sein de sa communauté. Cependant, elle est consciente des dangers qu’il peut y avoir au sein de la forêt : bêtes sauvages et bandits pullulent. Elle autorise néanmoins le groupe à s’installer dans l’enceinte du village pour mener leur enquête. Tous les villageois seront ravis de les aider. Les salamalecs se concluent autour d’un thé préparé par l’aide de l’ancienne – ou d’une liqueur locale pour Elias – proposé en témoignage d’hospitalité. Tous boivent, à l’exception de Cade, le seul à avoir trouvé quelque chose de louche dans le discours de son hôte. Le liquide a une odeur âcre et, bien qu’il soit agréable au goût, garde une longueur amère en bouche. Les feuilles de l’infusion au fond des tasses sont inconnues de nos aventuriers. Une fois le breuvage fini, le groupe prend congé pour s’installer au centre du village.
Une fois dehors, le groupe se sépare pour commencer les recherches : Elias, Urund et Yoridor vont installer le campement sur la place centrale, pendant que Cade, Dorn et Erathell commencent à interroger les habitants de Larsfell. Ces derniers vont retrouver Kashya pour vérifier si elle n’a pas remarqué de comportement étrange. Mais non seulement elle n’a rien remarqué, mais elle semble bien plus absente qu’il y a quelques heures. Ses souvenirs sont de plus en plus flous et elle peine à rester concentrée sur une conversation. Elle a simplement bu un thé avec son mari pour se remettre de ses émotions. Un thé fourni au village par Cerena la matriarche. A cette information, Cade et Dorn s’inquiètent : eux aussi ont bu ce thé, et n’ont aucune idée des effets qu’il pourrait avoir. N’ayant rien bu, Cade se sent bien, et en dehors d’un léger mal de tête, Dorn et Erathell semblent avoir pleine possession de leurs esprits. La confiance retombe cependant lorsqu’ils rejoignent le reste du groupe : au lieu d’avancer la mise en place de leur campement, Elias, Urund et Yoridor flânent au milieu de la place centrale. L’un est assis sur un tas de bois, les yeux dans le vague ; un autre a laissé son équipement dans un coin et s’imagine simple fermier… Les trois ont complètement oublié leur objectif, et il faut un redressement musclé de la part de Dorn pour qu’au moins Yoridor et Urund reprennent leurs esprits.

Les choses sont de plus en plus louches, d’autant plus que le jeune moine se rend compte que certains des villageois cachent sous leurs tuniques des cotes de maille et des brigandines, ce qui est plus l’apanage d’un garde que d’un bûcheron. En giflant Elias pour le ramener à la raison, Dorn commence à réfléchir à un plan d’action. Cette inattention manque de lui coûter cher, car au lieu de reprendre ses esprits son camarade s’enrage soudain et tente de lui abattre son épée sur le crâne. Il ne doit son salut qu’à ses réflexes hors du commun, fruit de son entraînement acharné. Le barbare continue son attaque frénétique, blessant gravement plusieurs de ses compagnons au passage et n’étant arrêté qu’après plusieurs coups puissants. Tous reprennent leurs esprits et pansent rapidement leurs blessures, mais le repos est de courte durée : en effet, les membres du groupe se rendent bientôt compte que l’activité dans le village s’est brutalement arrêtée et que l’intégralité des villageois a les yeux tournés vers eux.

La tension est palpable sur la place du village. Tout le monde se dévisage sans oser bouger. Pour le groupe, cela ne fait plus de doute : la matriarche est coupable de quelque chose et elle a ensorcelé le reste du village à l’aide de ses breuvages empoisonnés. Il faut l’intercepter maintenant, mais la chose est compliquée car les habitants de Larsfell commencent à les encercler. Qu’à cela ne tienne, nos héros foncent en profitant de leur entraînement et leur agilité pour échapper au plus gros de la foule et courir jusqu’à la hutte de Cerena. Cette dernière est gardée par deux hommes qui se retrouvent rapidement assommés par Dorn et Elias. La porte est heureusement restée ouverte et l’équipe entre dans l’abri avant de fermer à clé derrière eux. L’endroit est sombre et sent l’herbe humide. Au fond de la pièce principale, Cerena est paisiblement assise sur son fauteuil, dans une position qu’elle ne semble pas avoir quittée depuis ce matin. Mais cette fois-ci, au lieu d’un mot d’accueil et d’une tisane, la vieille femme fait jaillir de ses manches des lianes qui agrippent Urund et commencent à l’entraîner vers elle. Le reste du groupe réagit en conséquence, et si les projectiles de Dorn et Elias semblent avoir peu d’effet, le trait de flammes de Cade fait mouche et réduit les lianes en cendres. Un cri de douleur résonne dans la tête des aventuriers, puis, le silence dans la pièce. Elias se jette sur la vieille femme pour l’achever avant qu’elle ne contre-attaque, mais se retrouve face à la carcasse desséchée d’une personne morte depuis au moins un mois, avec plusieurs trous dans le dos. Pas le temps de comprendre la situation cependant, car dehors le reste du village s’est regroupé et se masse à l’entrée de la maison. Le groupe barricade les accès, porte et fenêtres, et trouve derrière le fauteuil de l’herboriste un trou béant couvert de feuilles mortes donnant sur un tunnel. Erathell reste en retrait pour couvrir les arrières du groupe pendant que ce dernier s’engouffre dans le passage. Guidé par la lumière d’Urund, il chemine jusqu’à une grotte où se trouve un lac souterrain.

La scène pourrait être sortie d’un rêve : l’eau calme et claire reflétant la lumière du prêtre, les parois de la caverne striées et colorées selon les différentes roches, les mélanges de mousses et de feuillages… Il y a cependant une ombre au tableau : au bord de ce lac souterrain se trouve une énorme masse végétale entourée de plusieurs corps inertes. De cet amas, une cosse verdâtre relâche quantité de spores dans l’eau. A peine le groupe est-il arrivé que plusieurs lianes partent de l’amas principal, s’emparent des corps à terre – plusieurs hommes et un elfe en armures – et les contrôlent tel un marionnettiste. Les combattants du groupe rentrent dans la mêlée alors que Cade et Urund assurent un soutien à distance. La situation est compliquée pour nos héros qui essaient au premier abord de ne pas sérieusement blesser leurs adversaires. Il faut cependant se rendre à l’évidence : plus rien n’est possible pour ces pauvres individus. Aussi commencent-ils par abattre un premier humain avant de faire reculer les autres de quelques pas. Une percée négligeable, mais suffisante pour que Cade dispose d’un angle de visée direct sur la masse végétale. Aussitôt, un rayon de flammes jaillit des mains de l’halfelin et part dévorer la créature. La caverne se remplit d’une lumière orangée alors qu’un brasier commence à se former à la place du tertre. Elias, Urund et Yoridor ressentent dans leur tête la douleur de la créature en raison de leur récent enchantement. Mais leur détermination est plus grande : en quelques coups d’épée les lianes commandant deux autres gardes sont tranchées. Yoridor profite de l’ouverture pour foncer sur la cosse et y planter rageusement ses lames. Le sac de spores explose à l’impact, arrêtant instantanément de déverser ses spores dans l’eau cristalline. Un autre cri de douleur résonne dans la tête de nos héros, mêlé d’une plainte demandant l’arrêt des hostilités. Mais il est trop tard, la survie du village en dépend : un deuxième trait de flammes, une javeline et trois épées fusent simultanément vers le tertre vert et finissent de le trancher et le brûler. Bientôt le monstre n’est plus qu’un amas de cendre et de petit bois. La dernière liane tombe inerte, et avec elle le corps de son pantin humain. Alors que les dernières branches partent en fumée, la présence à l’intérieur des têtes de nos héros se dissipe, leur permettant enfin de souffler.

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